Créer sans savoir dessiner : le journal intime créatif n'est pas un cours d'arts plastiques
Journal intime créatif — Clémence Coulaty, art-thérapeute contemporaine certifiée (RNCP)
C'est l'objection que j'entends le plus souvent. Avant même d'avoir entendu la description de l'atelier, avant même de savoir ce qu'on y fait réellement : « Mais moi, je ne sais pas dessiner. »
Je comprends. Nous avons tous intégré, très tôt, une certaine idée de ce qu'est la créativité — une compétence rare, réservée aux « artistes », aux « doués », à ceux qui ont « un don ». Et si on n'est pas dans cette catégorie, mieux vaut ne pas s'aventurer.
Je voudrais vous proposer de mettre cette croyance de côté — le temps d'un article, au moins.
Ce qui se passe vraiment dans le journal
Dans le journal intime créatif, vous ne dessinez pas. Ou plutôt : vous pouvez dessiner, si vous en avez envie — mais ce n'est absolument pas requis, ni même valorisé en particulier.
Ce que vous faites dans le journal, c'est créer au sens large. Coller des images découpées dans des magazines. Poser de la couleur avec vos doigts ou un pinceau large. Écrire des mots, des fragments, des listes. Gribouiller. Déchirer. Superposer. Laisser des espaces vides. Travailler avec du papier de soie, du scotch de couleur, des tickets de caisse.
Rien de tout ça ne nécessite de savoir dessiner. Rien de tout ça ne sera évalué selon des critères esthétiques. Le journal n'a pas à être beau. Il a à être vrai — ce qui est une tout autre chose.
Le processus, pas le résultat
L'idée fondamentale du journal intime créatif est que le processus prime sur le résultat. Ce qui compte, ce n'est pas ce que vous produisez — c'est ce qui se passe en vous pendant que vous créez.
Est-ce que votre main s'est arrêtée sur cette image ? Est-ce que cette couleur vous a apaisé, ou au contraire réveillé quelque chose ? Est-ce que vous avez eu envie de remplir la page entièrement, ou de laisser du vide ? Ces expériences-là — intérieures, subtiles, non spectaculaires — sont au cœur de la pratique.
Un journal rempli de gribouillages maladroits et de mots posés à la va-vite peut contenir infiniment plus de vérité qu'une page techniquement parfaite. Ce n'est pas l'apparence qui compte. C'est le contact.
La créativité n'est pas un talent, c'est une disponibilité
On pense souvent que la créativité est une qualité innée — on l'a ou on ne l'a pas. Je pense que c'est faux, ou du moins très incomplet. La créativité, dans le sens où j'en parle ici, c'est simplement la capacité à entrer en contact avec quelque chose qui vient de soi — et à lui laisser une forme.
Tout le monde en est capable. Pas de la même façon, pas avec les mêmes outils, pas dans les mêmes circonstances. Mais la capacité à ressentir, à réagir, à choisir — même maladroitement — c'est universel.
Ce que les ateliers proposent, c'est un cadre dans lequel cette disponibilité peut s'ouvrir. Des propositions simples, accessibles, non menaçantes. Un espace où il n'y a rien à réussir — et donc rien à rater.
Venez avec ce que vous avez
Vous n'avez pas besoin de matériel sophistiqué. Vous n'avez pas besoin d'avoir déjà pratiqué. Vous n'avez pas besoin d'être « créatif ». Vous avez juste besoin d'un carnet, de quelques stylos ou crayons de couleur, et d'une heure ou deux à offrir à votre vie intérieure.
Le reste — la façon de faire, les idées, le rythme — tout ça arrive naturellement dans l'espace de l'atelier. Ce n'est pas à vous de le préparer. C'est ce que la guidance est là pour ouvrir.
Alors si vous avez hésité parce que vous ne « savez pas dessiner » — j'espère que cet article vous a convaincu que ce n'était pas la question. La question, c'est : avez-vous envie de prendre un moment pour vous, dans un espace sans jugement, avec juste ce qui est là ? Si oui, l'atelier est fait pour vous.
— Clémence Coulaty, art-thérapeute contemporaine certifiée (RNCP), fondatrice d'Un Geste Pour Dire



